Frise chronologique
1387
Mort de Pierre de Luxembourg
Mort de Pierre de Luxembourg
1387 (≈ 1387)
Cardinal inhumé au cimetière Saint-Michel.
1389
Début de la construction
Début de la construction
1389 (≈ 1389)
Initiée par Clément VII et Charles VI.
1393
Installation des Célestins
Installation des Célestins
1393 (≈ 1393)
Ordre italien prend possession des lieux.
1401
Inhumation de Clément VII
Inhumation de Clément VII
1401 (≈ 1401)
Tombeau fastueux dans le chœur.
1794
Transformation en caserne
Transformation en caserne
1794 (≈ 1794)
Pillage et destruction des tombeaux.
1914
Classement monument historique
Classement monument historique
1914 (≈ 1914)
Protection de l’église et du cloître.
1980
Acquisition par la ville
Acquisition par la ville
1980 (≈ 1980)
Début des restaurations culturelles.
2019
Rénovation majeure
Rénovation majeure
2019 (≈ 2019)
Travaux de conservation et accessibilité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le couvent des Célestins : classement par liste de 1862 ; L'ancienne église comprenant la nef, ses doubles collatéraux au nord et au sud, ainsi que les petites chapelles qui les accompagnent ; les trois galeries du cloître, plus le rez-de-chaussée du quatrième côté, comprenant façade et voûte en pierre ; le portail d'entrée du cloître et une petite porte située en face, dans le prolongement de la galerie d'entrée ; les plafonds en bois des salles du rez-de-chaussée dans les ailes est et sud du bâtiment du cloître : classement par arrêté du 8 juin 1914 ; Les anciennes chapelles Saint-Michel et du Bienheureux-Pierre-de-Luxembourg de l'ancien couvent des Célestins, situées 31 et 33 place des Corps-Saints, selon le plan annexé à l'arrêté, figurant au cadastre, section DL, sous les numéros de parcelle 776 (ancienne chapelle Saint-Michel), 887 et 1039 (ancienne chapelle du Bienheureux-Pierre-de-Luxembourg) : Inscription par arrêté du 27 mai 2024
Personnages clés
| Pierre de Luxembourg - Cardinal et bienheureux |
Tombe miraculeuse à l’origine du couvent. |
| Clément VII - Antipape d’Avignon |
Fonda le monastère et y fut inhumé. |
| Charles VI - Roi de France |
Finança l’église comme fondateur royal. |
| Roi René - Mécène et donateur |
Enrichit le couvent d’œuvres et reliques. |
| Perrin Morel - Architecte et sculpteur |
Conçut l’abside et les clés de voûte. |
| François de Royers de la Valfenière - Architecte baroque |
Auteur du mausolée de Pierre de Luxembourg. |
Origine et histoire
L’église des Célestins d’Avignon fut fondée en 1389 à l’initiative de l’antipape Clément VII et du roi Charles VI, près de la tombe de Pierre de Luxembourg, jeune cardinal mort en 1387. Sa sépulture, réputée miraculeuse, attira des pèlerins en masse, poussant à la construction d’un monastère confié aux Célestins, un ordre italien. Ce projet s’inscrivait dans le contexte du Grand Schisme d’Occident, où Clément VII cherchait à légitimer son autorité par des signes divins.
Financée par le roi et enrichie par des dons, dont ceux du Roi René, l’église devint le couvent le plus riche d’Avignon, abritant reliques et tombeaux de cardinaux. Son architecture, mêlant influences gothiques et royales (fleurs de lys), fut partiellement achevée : seule une partie du chœur et du transept fut construite. L’abside, ornée de clés de voûte sculptées par Perrin Morel, et le cloître, aux galeries sobres, témoignent encore de sa grandeur passée.
À la Révolution, le couvent fut pillé et transformé en caserne militaire, perdant ses décors et tombeaux. Les bâtiments, désaffectés après 1945, abritent aujourd’hui la cité administrative. L’église, classée monument historique en 1914, est depuis 1980 propriété de la ville et accueille des manifestations culturelles, dont le Festival d’Avignon depuis 1981. Ses restaurations récentes (2019) ont préservé son patrimoine architectural.
Parmi les œuvres survivantes, certaines sont dispersées dans des musées avignonnais (Petit Palais, Calvet) ou parisiens (BnF). Le retable d’Enguerrand Quarton, les reliques de Pierre de Luxembourg, et des sculptures de Jean Péru comptent parmi les vestiges les plus précieux. Le cloître, ouvert au public, est un lieu emblématique du Festival, malgré les contraintes scénographiques imposées par ses platanes centenaires et son acoustique particulière.
L’histoire de l’église reflète les tensions entre pouvoir pontifical et royal, ainsi que les bouleversements révolutionnaires. Son héritage artistique et spirituel, bien que fragmenté, en fait un symbole du patrimoine avignonnais, lié à la fois à la papauté, à la monarchie française et à la vie culturelle contemporaine.